Revue catholique de formation permanente
La revue, publiée par les Éditions du Cerf, compte 22 numéros par an. Tous les quinze jours, le lecteur traverse en 48 pages l’actualité ecclésiale, approfondit un dossier biblique, s’approprie les éléments d’une question théologique, ouvre ses horizons sur une période de l’histoire ou de l’art…
Alexandre Jollien
Éloge de la faiblesse
P. David Roure
Paris, Éd. du Cerf, 1999. - (11x20), 108 p., 13,00 €.
Esprit & Vie n°87 / août 2003 - 1e quinzaine, p. 26.
Il aurait grand tort celui qui retiendrait seulement de ces deux petits livres le fait, au demeurant singulier, que leur auteur est un infirme moteur cérébral. Certes, l'introduction de chacun d'entre eux, sous la plume de professeurs de philosophie, signale cette étrangeté dès la première phrase, et dans un des avant-propos, l'auteur lui-même ne s'en cache pas, bien au contraire : « Je suis handicapé. Démarche chaloupée, voix hésitante ; jusque dans mes gestes les plus infimes, mouvements abrupts du chef d'orchestre drôle et sans rythme : voilà le portrait de l'infirme. » Qui plus est, le premier livre est très largement marqué par le handicap d'Alexandre JOLLIEN ou, plus précisément, par la vie bien particulière que son handicap l'a contraint à mener durant dix-sept ans dans un centre spécialisé. Et c'est sous forme d'un dialogue imaginaire avec SOCRATE que va se mener une réflexion vive, étonnamment mature, pour un jeune homme de vingt-quatre ans.
Derrière ou au-delà des anecdotes quotidiennes d'une vie a priori pas très drôle, notre auteur débusque les apparences et veut aller jusqu'à scruter le sens profond des situations et des êtres, à commencer par lui-même. Voilà une manière forte, et qui, elle, n'est pas imaginaire, de répondre à l'exigence socratique du « Connais-toi toi-même ». Le regard est lucide et vrai, c'est-à-dire à la fois critique sur ceux qui ne vivent pas à la hauteur de leurs généreux discours (des « piques » sur certains éducateurs sont gentiment féroces) et plein de reconnaissance pour ceux qui ont aidé Alexandre JOLLIEN à prendre confiance en lui et à rechercher une autonomie et une liberté intérieure toujours plus grandes. On peut citer ici la belle évocation du vieil aumônier du Centre, le P. Morand, qui ouvrit le jeune homme à une réflexion philosophique personnelle. Alors, envers et contre tout, ce dernier se mit alors plus tard en tête de vouloir entreprendre des études en philosophie…
La fin de cette recension peut être lue dans la recension de Le métier d'homme.