Revue catholique de formation permanente
La revue, publiée par les Éditions du Cerf, compte 22 numéros par an. Tous les quinze jours, le lecteur traverse en 48 pages l’actualité ecclésiale, approfondit un dossier biblique, s’approprie les éléments d’une question théologique, ouvre ses horizons sur une période de l’histoire ou de l’art…
François Rouiller
Le scandale du mal et de la souffrance chez Maurice Zundel
Fr. Jean-Michel Maldamé, o.p.
Saint-Maurice, Éd. Saint-Augustin, 2002. - (15,5x23,5), 256 p., 18,00 €.
Esprit & Vie n°81 / mai 2003 - 1e quinzaine, p. 23.
Maurice ZUNDEL est actuellement réédité et les lecteurs peuvent découvrir la pensée de ce maître spirituel enraciné dans la philosophie personnaliste.
F. ROUILLER présente la pensée de M. ZUNDEL à propos du mal et de la souffrance. L'exposé est celui d'un disciple plein d'estime et même d'admiration pour le maître. L'exposé n'est pas critique, mais il rend grand service par son aspect rationnel et bien ordonné.
F. ROUILLER commence par faire ressentir ce que le mal a de scandaleux comme l'a bien exprimé M. ZUNDEL avec émotion et délicatesse. Il montre rapidement l'examen que son maître fait de la question théologique, pour entrer dans ce qui fait l'originalité de sa pensée : placer le mystère trinitaire au premier plan et donc sortir par là de la théodicée qui reste liée au traité du Dieu unique. Le mystère trinitaire est celui du don et de l'amour ; c'est à partir de cela que le mal peut être regardé.
Le deuxième moment de la présentation de F. ROUILLER porte sur l'anthropologie qui valorise la notion de don, ce qui permet ensuite de montrer que la réalité du don fait à l'homme suppose la liberté et donc la possibilité de dire non à Dieu et d'introduire avec le péché le mal dans le monde.
Le propos redevient plus théologique enfin. Un bref parcours biblique (avec les figures de Job) laisse place à un discours sur Dieu qui est « impuissant », parce qu'il ne revient pas sur ses dons, et souffrant, parce qu'il aime. Ainsi F. ROUILLER peut-il conclure en mettant l'homme face au mystère de la croix et en lançant un appel à la responsabilité, avec la formule « l'homme responsable de Dieu ».
Ce parcours dans l'œuvre de M. ZUNDEL montre les progrès de la théologie depuis le Concile, puisque ces thèses combattues au nom du néothomisme ont peu à peu acquis droit de cité dans la spiritualité chrétienne.