Revue catholique de formation permanente
La revue, publiée par les Éditions du Cerf, compte 22 numéros par an. Tous les quinze jours, le lecteur traverse en 44 pages l’actualité ecclésiale, approfondit un dossier biblique, s’approprie les éléments d’une question théologique, ouvre ses horizons sur une période de l’histoire ou de l’art…
Esprit & Vie, revue catholique de formation permanente, suit de près l'actualité éditoriale, en théologie, philosophie, histoire, spiritualité...
Consultez régulièrement les recensions ou les analyses (qui correspondent à des recensions plus fouillées) !
Maurice Vidal
Cette Église que je cherche à comprendre
P. Luc Forestier
Esprit & Vie n°219 - janvier 2010, p. 31-36.
Pour un professeur d'ecclésiologie dont les livres sont rares, contrairement aux articles qu'une utile bibliographie donnée à la fin permet de saisir, voilà deux petits livres majeurs sur l'Église publiés coup sur coup. Le premier, paru en septembre 2008, pose la question À quoi sert l'Église ? [1] (Bayard), et y répond par une série de leçons à l'écriture serrée, voire repliée. Or, la lecture de ce premier livre, sans tellement d'équivalents dans la production récente qui relèvent d'une vraie théologie de l'Église, est quand même facilitée par ce deuxième livre dont le titre modeste indique aussi l'ambition : Cette Église que je cherche à comprendre.
Pour celui qui découvre un homme, un chrétien et un prêtre, dont l'essentiel du ministère est tourné vers la formation des séminaristes au séminaire sulpicien d'Issy-les-Moulineaux - à lui seul, il constitue un pan de l'histoire de cette institution ecclésiale dont la figure a beaucoup changé -, mais aussi vers ce qui est devenu l'une des grandes conséquences du concile Vatican II - la formation théologique des laïcs à un niveau universitaire -, reconnaître qu'on ne peut que chercher à comprendre l'Église, sans prétendre la saisir, la réformer, la […]
Christian Salenson
L'Esprit n'attend pas les conquistadores. Paradigme missionnaire pour notre temps
Esprit & Vie n°219 - janvier 2010, p. 2-16.
La situation de pluralité culturelle et religieuse dans laquelle notre époque est engagée n'est pas totalement nouvelle, mais elle a radicalement changé en quelques décennies. Certes, au temps de la colonisation, nous étions en contact avec d'autres cultures et d'autres religions et collectivement nous aurions pu les considérer autrement, comme y invitaient des personnalités éclairées comme Louis Massignon [2]. Cela aurait sans doute bien changé la donne. Au moins depuis l'affaire Dreyfus, un petit nombre de chrétiens avaient su considérer autrement le peuple juif et ne manquaient pas d'alerter sur la question (je pense à Léon Bloy [3], Jacques Maritain [4], Joseph Bonsirven, etc.) et, au cours de la seconde guerre mondiale, beaucoup de responsables étaient informés : des hommes s'y sont employés : Pierre Chaillet et les cahiers du Témoignage chrétien [5], Henri de Lubac [6], Yves de Montcheuil [7], Simone Weil [8], etc. Le temps que nous vivons a ses racines dans cette histoire.
Il a fallu le drame de la Shoah et la réflexion de quelques chrétiens [9], la fondation des amitiés judéo-chrétiennes [10] et l'élection providentielle de […]