Revue catholique de formation permanente
La revue, publiée par les Éditions du Cerf, compte 22 numéros par an. Tous les quinze jours, le lecteur traverse en 44 pages l’actualité ecclésiale, approfondit un dossier biblique, s’approprie les éléments d’une question théologique, ouvre ses horizons sur une période de l’histoire ou de l’art…
Esprit & Vie, revue catholique de formation permanente, suit de près l'actualité éditoriale, en théologie, philosophie, histoire, spiritualité...
Consultez régulièrement les recensions ou les analyses (qui correspondent à des recensions plus fouillées) !
Quatorzième dimanche
Ouvrons les yeux
Antoine Renoult
Esprit & Vie n°213 - juillet 2009, p. 39-40.
Que d'émotions dans ce passage de Saint Marc ! « Frappés d'étonnement », « profondément choqués »… Une scène dont l'incompréhension et le scandale apparents peuvent nous révolter en voulant défendre Jésus, nous qui connaissons l'histoire. Mais comment aurions-nous réagi face à la découverte si abrupte de l'autorité et des dons de quelqu'un, certes exemplaire, mais avec qui l'on a toujours vécu dans des conditions identiques ? Pourquoi cette surprise ne leur procure-t-elle aucune joie ? Réagir comme les auditeurs dans l'Évangile, c'est refuser d'admettre sa faiblesse, se braquer à la moindre incompréhension, se froisser. Et c'est bien parce que l'irruption inattendue de l'Esprit nous étonne qu'on n'ose pas reconnaître sa véritable identité. Cela ne semble pas possible ! Ce simple charpentier avec qui nous avons grandi ne peut rien apporter d'extraordinaire. C'est bien dommage, car la meilleure façon de grandir spirituellement, c'est justement de commencer par reconnaître sa faiblesse.
Deux mille ans plus tard, ce problème est toujours là : acceptons-nous de reconnaître l'Esprit dans la réalité de la pauvreté spirituelle et effective ?
Pourtant les signes ne manquent pas : il élève l'esprit des citoyens dans la synagogue même, réalise des miracles de ses propres mains. Mais ces signes sont anéantis instantanément par la complaisance dans […]
Pierre Gire
L'humanité de l'homme [1]
Esprit & Vie n°213 - juillet 2009, p. 3-12.
Les philosophes de toutes les époques se sont interrogés de manière récurrente sur la nature humaine. L'homme est une énigme pour lui-même.
Les chrétiens, quant à eux, affirment que Dieu s'est fait homme. Par l'Esprit Saint, professent-ils, Jésus est né de la Vierge Marie. Mais que proclament-ils dans cet acte de foi en Jésus « vrai homme » ?
S'il est une question récurrente et irrésolue dans l'histoire culturelle de l'Occident, c'est celle de la vérité ultime de l'humanité de l'homme. Ce n'est point la question du genre humain qui fait difficulté, nous savons reconnaître son unité et ses différences ; ce n'est pas le sens éthique du qualificatif humain qui fait problème, nous savons saisir sa signification dans son opposition à la représentation de la barbarie et de l'inhumanité dont témoignent des situations comme celle de la guerre. Ce qui fait résistance à la pensée, c'est précisément de savoir ce qu'est, en définitive, l'humanité de l'homme en sa vérité, comme l'a perçu Kant dans son traité d'Anthropologie du point de vue pragmatique [2].
L'homme demeure problématique à lui-même, ainsi que le rappelle, après Pascal, Martin Buber dans Le Problème de l'homme [3]. […]